À Loos-en-Gohelle, les terrils jumeaux du 11/19 abritent un étonnant milieu chaud et sec, où des espèces associées au Midi trouvent refuge au cœur du Pas-de-Calais. Depuis la fin des dépôts miniers, en 1986, le schiste sombre accumulé sur leurs pentes emmagasine la chaleur du soleil et façonne, à environ 150 mètres au-dessus de la plaine, un paysage insolite. Ce coin de nature n’a rien d’un décor provençal : il est né de l’histoire industrielle du bassin minier.
Pour comprendre cette reconversion minière, imaginons Camille, qui découvre le site lors d’une promenade. En quittant les champs, elle voit surgir deux reliefs artificiels, puis remarque que leur sol noir, caillouteux et sec contraste avec les paysages voisins. C’est dans cette différence que s’explique l’installation d’une flore méditerranéenne et d’animaux amateurs de chaleur, sans que le terril cesse pour autant de témoigner du patrimoine minier régional.
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- Un microclimat local : les pentes sombres exposées au soleil se réchauffent davantage que les terrains alentour.
- Une biodiversité singulière : reptiles, insectes thermophiles et certaines orchidées profitent de ces conditions particulières.
- Un héritage industriel : les deux terrils du 11/19 se sont formés au fil de l’exploitation minière, jusqu’à l’arrêt des dépôts en 1986.
Pourquoi le terril du 11/19 crée-t-il un coin de Midi dans le Pas-de-Calais ?
Le mécanisme tient d’abord à la couleur et à la composition du schiste. Ces roches sombres absorbent une partie importante du rayonnement solaire, puis restituent lentement la chaleur accumulée. Sur une pente bien exposée, la surface peut ainsi devenir plus chaude et plus sèche que les prairies ou les terres agricoles voisines.
Pour Camille, la différence se remarque surtout au fil de la marche : le terrain est minéral, drainant et parfois brûlant sous le soleil, tandis que le vent et l’humidité restent présents à l’échelle du paysage régional. Nous parlons d’un microclimat limité aux pentes et aux secteurs les plus ensoleillés, pas d’un climat méditerranéen qui concernerait toute la colline.
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Cette mosaïque de conditions explique la variété des milieux présents sur le site. Les zones sèches et chaudes coexistent avec des espaces végétalisés où la nature reprend progressivement place : le terril fonctionne comme une succession de petits habitats plutôt que comme un écosystème uniforme.
Flore méditerranéenne et faune thermophile sur les pentes du terril
La chaleur du schiste intéresse particulièrement les animaux qui dépendent du soleil pour réguler leur température. Des lézards peuvent profiter des pierres réchauffées pour se mettre à l’abri ou se chauffer, tandis que des insectes thermophiles trouvent sur les pentes dégagées des conditions adaptées à leur activité.
La flore suit une logique comparable. Certaines orchidées sauvages et plantes liées aux sols secs peuvent s’installer dans les secteurs pauvres en nutriments, bien drainés et fortement exposés. Il ne s’agit pas d’une garrigue reconstituée, mais d’une flore méditerranéenne ou thermophile ponctuelle, qui cohabite avec des espèces locales dans un milieu façonné par l’activité humaine.
Cette richesse n’est pas toujours visible au premier regard. Pour observer la biodiversité sans la perturber, nous vous conseillons de rester sur les chemins autorisés, de ne pas cueillir les plantes et de garder vos distances avec les animaux. La discrétion permet de préserver ce qui rend le site si particulier.
Les images et les récits consacrés au site montrent souvent ses silhouettes monumentales, mais son intérêt écologique se découvre à petite échelle : une plante au ras du sol, un insecte sur une pierre chaude ou un reptile qui disparaît entre les blocs. C’est cette attention aux détails qui transforme une simple ascension en observation de la nature.
Des dépôts miniers arrêtés en 1986 à un relief emblématique du Nord
Les terrils jumeaux du 11/19 sont le résultat de décennies d’extraction du charbon à Loos-en-Gohelle. Les résidus rocheux séparés du charbon étaient accumulés près des installations minières, formant peu à peu deux collines artificielles. Les dépôts ont cessé en 1986, laissant derrière eux un relief qui se distingue nettement dans la plaine du bassin minier.
Le site est souvent décrit comme culminant à environ 150 mètres au-dessus des terrains environnants. Ce chiffre exprime la hauteur perçue depuis la plaine ; il ne faut pas le confondre avec une altitude mesurée au-dessus du niveau de la mer. Les estimations de masse de schiste varient selon le périmètre considéré : les quelque 70 millions de tonnes parfois avancées se rapportent à l’ampleur de l’accumulation évoquée pour le site et son contexte minier.
Ces dimensions racontent une histoire de travail et de transformation du territoire. Le paysage insolite n’est pas un accident naturel : il est la trace visible d’une industrie qui a profondément marqué le Pas-de-Calais, avant que les usages du lieu ne changent.
| Repère | Ce qu’il indique | Pourquoi c’est utile |
|---|---|---|
| 1986 | Fin des dépôts miniers mentionnée pour le site | Le début d’une nouvelle phase pour les terrils |
| Environ 150 mètres | Hauteur approximative au-dessus de la plaine | Une mesure qui explique leur présence dans le paysage |
| Schiste sombre | Résidu minéral issu de l’exploitation charbonnière | Il favorise l’échauffement des pentes ensoleillées |
| Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais | Territoire façonné par l’activité charbonnière | Un héritage industriel aujourd’hui valorisé |
La reconversion minière du 11/19 entre patrimoine et nature
La valeur du site ne se limite ni à son relief ni à sa biodiversité. Les terrils du 11/19 appartiennent au bassin minier du Nord-Pas-de-Calais inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils témoignent d’une époque où l’extraction du charbon organisait le travail, les villes et les paysages, tout en offrant aujourd’hui un espace de promenade et de découverte.
Cette reconversion minière repose sur un équilibre : accueillir les visiteurs sans effacer la mémoire industrielle ni fragiliser les milieux qui se sont développés. Camille peut profiter du panorama depuis les itinéraires accessibles, tandis que les zones sensibles demandent une attention particulière. Avant de partir, nous vous invitons à vérifier les accès et les consignes locales, qui peuvent évoluer selon les secteurs et la saison.
Le 11/19 montre ainsi qu’une ancienne friche ne devient pas automatiquement un sanctuaire naturel : sa richesse dépend aussi de la manière dont on la gère et dont on la fréquente. Sur ces pentes, le patrimoine minier et la nature ne s’opposent pas ; ils racontent ensemble la transformation du territoire.
Pour une première découverte, gardez en tête quelques gestes simples : ils rendent la visite plus agréable et limitent les dérangements pour la faune et la flore.
- Restez sur les sentiers ouverts, en particulier dans les secteurs où la végétation est fragile.
- Observez sans prélever : orchidées, insectes et pierres font partie de l’équilibre du site.
- Choisissez une journée dégagée pour mieux lire les contrastes entre les pentes sombres et la plaine du Nord.
- Respectez les indications locales concernant les accès, les équipements et les espaces protégés.



